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BIOLOGIE MARINE · UNIVERSITY OF SYDNEY · TERRAIN POLAIRE

Sarah

Je tiens ma part des quarts, je tiens le protocole.
Ma discipline vient de Sydney. Mon terrain d'étude favori, c'est l'Antarctique.

Biologiste marine, docteure de l'University of Sydney, navigatrice hauturière formée à la voile dès l'enfance. Plus de dix ans à travailler sur les cétacés antarctiques, de la péninsule à la mer de Ross, des orques aux baleines à fanons. Pour Odyssey of AION, je prends une année sabbatique, et je garde mon indépendance sur ce que je collecte, sur ce que j'analyse, sur ce que je publie.

  • PhDUNIVERSITY OF SYDNEY
  • 10 ansTERRAIN POLAIRE
  • A → DÉCOTYPES D'ORQUES
Navigation hauturière Cétacés océan Austral Photo-ID Acoustique passive

De Sydney au front polaire.

Je m'appelle Sarah. J'ai 38 ans. Docteure en biologie marine, navigatrice hauturière, formée à la voile dès l'enfance. Je suis née à Sydney, dans une famille où la mer n'est pas un loisir mais une évidence. Dériveur dès six ans, régate junior sur le port, puis le hauturier, puis la voile qui se mesure en semaines plutôt qu'en heures. L'océan n'a jamais été une parenthèse. C'était un terrain.

J'ai dix ans la première fois qu'une baleine franche australe entre dans la baie un matin d'hiver. La respiration, le bruit de l'air expulsé, la masse qui passe sous le pneumatique sans produire une vague. Je n'ai pas vraiment décidé ensuite : la suite s'est emboîtée à partir de là.

Études à l'University of Sydney. Biologie marine, puis PhD, axé sur les cétacés des mers australes : écotypes, aires de distribution, la manière de tenir un cadre d'observation quand l'océan ne laisse pas de répit. J'ai préféré les campagnes longues aux carrières de laboratoire, les navires lents aux bateaux rapides. Dix ans de terrain polaire et subantarctique. Des publications, oui, mais surtout des catalogues, des séries, des jeux de données que d'autres peuvent reprendre. Je publie peu. Je diffuse beaucoup.

« Sur le pont, j'enregistre. Le tri se fait au chaud, le lendemain. » Sarah

Début 2020, j'embarque sur ARION avec des collègues, pour une mission d'étude en mer de Ross. Le Captain tient la route. Je tiens le protocole. Le bateau nous garde dans le Sud plus longtemps que prévu, puis au-delà du Sud plus longtemps que prévu. Odyssey of AION est née de cette rencontre : un bateau capable de tenir le Sud, une biologiste capable de tenir le cadre, une route qui exige les deux.

Pour l'expédition, je prends une année sabbatique. Pas un choix de confort, une nécessité. Le Sud sous les 60°S ne se visite pas en deux semaines. Et garder mon indépendance d'analyse et de publication, c'est garder la valeur du travail. Je ne suis plus là pour apprendre ce qu'est la mer du Sud. Je suis là pour y conduire une route de plus.

Tenir deux fronts en même temps.

Trois axes, pas un seul. La redondance de nav, le cadre scientifique, l'indépendance d'analyse. En mer australe, une expédition à deux tient parce que chaque rôle tient l'autre.

01

La redondance de nav

Je suis hauturière, formée à la voile dès l'enfance. Je tiens ma part des quarts, je réduis la toile, je conduis le bateau en solo plusieurs heures d'affilée. Si Le Captain dort ou est mobilisé ailleurs, ARION ne s'arrête pas.

02

Le cadre scientifique

Photo-ID, acoustique passive, métadonnées homogènes, échelles de certitude. La discipline que j'amène à bord pour qu'une rencontre devienne une observation utilisable par d'autres équipes.

03

L'indépendance d'analyse

Année sabbatique, pas de contrat institutionnel qui contraindrait ce que je publie ni quand. Les données servent d'abord l'expédition, puis les équipes partenaires, au rythme et dans le format que je juge cohérent.

« Dans ces latitudes, le plus rare n'est pas de voir. Le plus rare, c'est de pouvoir comparer. Ce qui fait la valeur, c'est la continuité : même cadre, mêmes métadonnées, sur la durée. »

Sarah, Biologiste marine, navigatrice

Extrait terrain

Une séquence brute : rythme réel, conditions réelles, méthode au contact.

Parcours scientifique : rendre le terrain comparable

Je me suis spécialisée sur les cétacés parce que c'est un terrain qui oblige à la rigueur : reconnaître, noter, comparer, vérifier. En hautes latitudes, les rencontres sont brèves, la météo change vite, et l'observation « par chance » ne vaut rien sans cadre stable.

Mes terrains couvrent l'Antarctique, de la péninsule à la mer de Ross. Je documente toutes les variétés d'orques de l'océan Austral, types A à D, et les grandes baleines à fanons qui viennent s'y nourrir l'été. La photo-identification (nageoires, cicatrices, pigmentation) reste mon outil principal, couplée à l'analyse des aires de répartition à partir de données multi-sources : observations embarquées, acoustique passive, et variables environnementales (glace, température de surface, productivité).

Ce que ça apporte à Odyssey of AION est simple : une manière de travailler qui produit ce qui dure. Sur une circumnavigation engagée, la continuité scientifique dépend d'une présence capable de tenir la mer autant que le protocole.

Repères scientifiques

Ici, "premium" signifie : données propres, contextualisées, comparables. La valeur d'une observation ne tient pas à sa rareté, mais à sa reproductibilité.

  • Cétacés (orques, baleines) · recherche & terrain
  • Photo-identification · séries au long cours
  • Acoustique passive · détection, annotation, contexte
  • Hautes latitudes · fenêtres courtes, décisions sobres
  • Catalogues & échanges inter-équipes · traçabilité

Entre missions embarquées et travail d'analyse, l'objectif reste le même : structurer des séries utiles à d'autres équipes, au-delà du récit.

Méthode embarquée : de l'observation à la donnée exploitable

1) Acquisition

Je capture proprement : photo-id lisible, séquences courtes, réglages stables, contexte noté. L'objectif n'est pas l'image spectaculaire, c'est l'image comparable.

  • Photo-ID : nageoires, cicatrices, pigmentation
  • Vidéo : séries courtes, mêmes réglages
  • Contexte : mer, glace, cap, météo, distance

2) Annotation

Une observation vaut ce que valent ses métadonnées : position/heure, conditions, comportement, composition du groupe, niveau de certitude. Sans ça, je ne note rien.

  • Métadonnées homogènes (formats stables)
  • Échelles de certitude (pas de sur-interprétation)
  • Checklist qualité avant archivage

3) Exploitation

Je construis des séries inter-comparables (saison, zone, individus) pour alimenter catalogues, analyses de répartition et hypothèses testables.

  • Catalogues photo-id : individus, recaptures
  • Séries temporelles : répétition, variations
  • Partage structuré via le Data Hub

Ce que je cherche vraiment

Dans l'océan Austral, le défi n'est pas de « voir », c'est de relier. Tenir un cadre, répéter, empiler. C'est ce qui transforme une rencontre rare en information durable.

Quatre heures du matin, quelque part sous les 50°S.

Température extérieure moins trois degrés, gants trempés, appareil dans une pochette étanche. Un souffle au loin, trois secondes pour décider. Je note d'abord la position et l'heure, j'observe, je photographie à la séquence. Pas d'excitation avant : l'excitation consomme l'attention.

La première lecture des clichés vient le soir, au chaud, dans le carré. C'est là que les nageoires parlent, pas sur le pont. Des années de terrain pour apprendre que l'instant n'a de valeur que s'il entre dans un catalogue le lendemain.

Partenaires scientifiques

Je suis en lien avec plusieurs institutions australiennes qui travaillent sur les cétacés des mers australes. Les données collectées à bord d'ARION alimenteront des catalogues et bases partagées, dans des formats compatibles avec les protocoles en cours.

Pendant l'expédition, je suis en année sabbatique. Ce statut d'indépendance me laisse choisir ce que je publie, à quel rythme, et avec qui. Les résultats prioritaires iront d'abord à l'expédition, puis aux équipes partenaires, puis au grand public.

Je préciserai le détail des partenariats institutionnels avant le départ.

Orques de l'océan Austral : écotypes A, B, C et D

Orques en mer subantarctique agitée, au large
Orques observées en marge du front polaire. Certaines populations, comme l'écotype de type D, semblent privilégier les grandes étendues éloignées des côtes.

Baleines antarctiques : suivre les grands migrateurs

Au-delà des orques, je travaille sur les baleines à fanons de l'Antarctique. La valeur vient du contexte (heure, mer, glace, cap) et de la répétition.

Mes campagnes cherchent à préciser le timing des migrations, les zones d'alimentation et la variabilité interannuelle. Ce qui paraît petit à l'échelle d'un jour devient massif quand j'accumule des séries sur des semaines et des mois.

Odyssey of AION ajoute une brique utile : des observations régulières, au même format, dans des zones où la continuité manque.

Science embarquée & collaborations

Observations, images, sons et relevés environnementaux sont archivés dans le Data Hub scientifique AION. Si vous travaillez sur les cétacés des hautes latitudes ou l'acoustique passive : échangeons, cadrons, construisons proprement.