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FAQ · CIRCUMNAVIGATION ANTARCTIQUE

Questions au Captain

Coque, énergie, glace, sommeil, médecine, communication, partenariats : les questions qui reviennent le plus souvent, et les réponses du Captain, sans détour. Pour la fiche technique complète d'ARION, voir la page voilier. Pour le protocole scientifique, la page de Sarah.

Pourquoi une coque aluminium Strongall et pas acier ?

L'aluminium Strongall, à haute limite élastique et avec des épaisseurs 10 à 25 mm sur la carène, encaisse les chocs sans céder, se répare à froid avec les outils du bord et ne mène pas la lutte permanente contre la corrosion qu'impose l'acier. Pour une route longue dans le Sud, c'est le compromis qui passe.

Pourquoi un dériveur lesté plutôt qu'un quillard ?

Dérive relevée, le tirant d'eau tombe à 1,3 m et donne accès aux caletas patagones et aux échouages de marée. Dérive descendue, on retrouve 3,2 m de plan antidérive pour remonter au vent sous les 60°S. Le ballast de 5,2 t est sur la dérive, pas sur le fond de coque. Polyvalence et performance, pas l'un contre l'autre.

Pourquoi un gréement cotre, génois plus trinquette ?

Dans le gros temps, on roule le génois et on déroule la trinquette sans quitter le cockpit. Génois pour 0 à 30 nœuds, trinquette pour 30 à 45. Au-delà, on étale sous GV à trois ris ou sous tourmentin. L'essentiel du temps, le cotre permet de réduire à distance, sans se mettre en danger.

Pourquoi deux moteurs ?

Inboard récent 115 cv en remplacement du MWM d'origine, hors-bord 60 cv 4 pales sur jupe arrière. Dans les canaux patagons, contre vent catabatique et courant, un moteur qui cale c'est le bateau en travers en trente secondes. À deux moteurs, on remonte au vent contre courant, on s'extrait d'un haut-fond, on sort d'un piège de glace qui ne dépasse pas le mètre. La redondance rend la marge utile.

Pourquoi une annexe sur-dimensionnée ?

Une annexe plastique de 2,60 m ne survit pas à une rafale à 100 nœuds, elle part en cerf-volant. L'annexe d'ARION fait 4 m en aluminium, insubmersible, pensée comme une barge. Construite par les élèves d'un lycée technique de Chambéry, déployée et remontée par un mât de charge sur le pont. Échappatoire complémentaire au radeau, halage hors d'un haut-fond, déviation d'un bergy bit, transport de jerricans : à la hauteur du bateau.

1800 Ah en lithium, c'est beaucoup ou c'est juste ?

Sous les 60°S, on consomme 250 à 400 Ah par jour entre Starlink, radar, AIS, pilote automatique, chauffage d'appoint, glacière, éclairage. Avec 1800 Ah LiFePO4 utilisables, on tient trois jours sans production en cas de tempête sans vent ni soleil. Au-delà, le groupe diesel prend le relais. La contrainte vraie n'est pas le volume mais la protection contre le froid : le lithium gèle chimiquement sous 0°C.

Comment on tient à −25°C dans un bateau ?

Trois couches. Coque alu isolée 80 mm de polyuréthane projeté, anti-condensation sur les varangues, bardage bois intérieur. Chauffage diesel pulsé 5 kW, cuve dédiée, 400 heures d'autonomie. Chauffage de secours pétrole ou bois, totalement indépendant de l'électricité. On ne meurt pas de froid à bord d'ARION tant qu'il reste du combustible.

Plusieurs semaines sans escale, l'eau douce, on fait comment ?

Dessalinateur 60 l/h, moteur 12 V, 6 A. On produit plus qu'on ne consomme même par temps couvert. Réserve tampon de 600 l en deux cuves inox intérieures. Consommation 10 à 15 l par personne et par jour, boisson, cuisine, toilette réduite, pas de douche. Si le dessalinateur tombe, les 600 l de réserve assurent vingt jours pour deux. Derrière, rationnement et récupération de pluie.

Starlink sous les 60°S, c'est fiable ?

Starlink Ocean couvre l'ensemble de la zone circumpolaire grâce aux satellites LEO inclinés. Trous de service plus fréquents au sud de l'Amérique australe et dans certains secteurs du Pacifique sud, mais ça marche. Débit 25 à 100 Mbit/s, suffisant pour météo GRIB, emails, données scientifiques. Iridium en secours permanent : si Starlink décroche, météo et messages d'urgence basculent automatiquement. Deux orbites, deux opérateurs.

La glace de nuit, comment on la voit arriver ?

Radar Raymarine Quantum 2 Doppler, 24 milles de portée utile sur les gros icebergs, 6 à 8 milles sur les bergy bits de 5 à 10 m. En dessous, le radar ne voit plus grand-chose. Les growlers, morceaux affleurants de 1 à 3 m, sont le vrai piège : pas d'écho radar, pas visibles avant 30 m à l'œil nu. À 7 nœuds, dix à trente secondes pour éviter. Parade : vitesse réduite de nuit en zone de glace (5 à 6 nœuds), veille visuelle systématique, caméras thermiques frontales à l'étude.

Quelles voiles pour le gros temps ?

Garde-robe simple et entretenue. GV hauturière à trois ris, renforts kevlar, capacité d'être affalée complètement depuis le cockpit. Génois 135% sur enrouleur jusqu'à 30 nœuds. Trinquette sur enrouleur de 30 à 45. Au-delà, tourmentin de 6 m² hissé sur étai amovible, GV remplacée par voile de cape pour la fuite à sec ou presque. Jeu de tempête stocké dans un sac numéroté, accessible sans lumière. Règle : on réduit avant d'avoir besoin.

Se soigner à deux en mer, comment ?

Trois atouts. Infirmerie complète, chirurgie de base, antibiotiques large spectre, antalgiques majeurs, immobilisation, défibrillateur. Compétence médicale à bord avec la formation médicale du Captain et la formation expédition de Sarah. Téléconsultation 24/7 via Iridium ou Starlink, service de médecine maritime qui prend le relais sur les cas complexes. Sachant que sous les 60°S, une extraction prend plusieurs jours.

Le gel des systèmes à −25°C, comment l'éviter ?

Vannes de coque en PTFE plutôt qu'en laiton, moins de grippage. Circulation d'eau de mer gainée et tracée par résistance chauffante sur les coudes critiques. Gasoil traité anti-paraffinage dès l'équateur, circuit réchauffé. Batteries en caisson isolé avec sonde, charge coupée sous 0°C. Eau douce dans cuves intérieures. Dessalinateur arrêté et purgé entre deux productions pour éviter le gel des membranes. Chaque système a son protocole hivernal documenté.

Pourquoi un départ depuis Marseille pour aller en Antarctique ?

Marseille est le port d'armement du Captain et la base du chantier ARION. Sortie Méditerranée par Gibraltar, descente de l'Atlantique en alizés, escale de mise au point au Cap-Vert, puis route directe vers la Patagonie via la Trinité ou en route directe selon la fenêtre. Logique opérationnelle, pas symbolique : on part d'où le bateau est armé, on remonte tout ce qui se présente sur la route comme test système avant le Drake.

Comment s'organisent les quarts à deux ?

Quarts de trois heures, en alternance stricte, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La nuit, le quart actif est en cockpit ou en table à carte, le quart au repos dort en équipement chaud, prêt à reprendre la barre en moins d'une minute. Les manœuvres lourdes se font à deux, en réveillant l'autre. Discipline dure les premiers jours, indispensable au-delà de la deuxième semaine de mer.

Le pavillon français, qu'est-ce que ça change ?

Immatriculation française, règles SOLAS françaises pour la sécurité, audit pré-départ par les Affaires maritimes, droit du bord français. Concrètement : équipements de sécurité contrôlés, EPIRB enregistré, manuel d'équipage, registre médical. Au retour, dossier d'expédition à clôturer côté administration. Pas un détail bureaucratique : c'est le cadre qui rend l'expédition opposable, donc finançable et documentable.

Pourquoi la Patagonie comme école avant l'Antarctique ?

La Patagonie est le dernier terrain où une erreur reste rattrapable. Rafales catabatiques à 60 nœuds dans les canaux, courants de marée, mouillages exposés, glaciers à proximité : c'est déjà du sérieux, mais il y a encore des ports, des gens, une ligne Iridium qui connecte à quelque chose d'utile. Passé le Drake, l'erreur ne coûte plus du temps, elle peut coûter le bateau. On passe en Patagonie autant de temps qu'il faut, sans chercher à aller vite.

Pourquoi pas un sponsor titre qui couvre tout ?

Un sponsor titre unique impose son agenda : itinéraire, calendrier, tonalité du récit, escales obligatoires pour activations marketing. Sous les 60°S, l'agenda est dicté par la météo, pas par un comité de validation. Le modèle retenu est multi-partenaires (Titulaire, Technique, ciblé), avec des contreparties cadrées et une indépendance d'arbitrage maintenue jusqu'au retour. Plus exigeant à monter, plus solide à exécuter.

Quel rôle Sarah joue-t-elle au-delà de la science ?

Sarah est navigatrice hauturière formée à la voile dès l'enfance avant d'être biologiste. Elle tient sa part des quarts, réduit la toile, conduit ARION en solo plusieurs heures d'affilée. Si je dors ou si je suis mobilisé ailleurs, le bateau ne s'arrête pas. La science vient ensuite, dans les marges de la manœuvre. C'est ce qui rend l'équipage à deux viable sur la durée d'une circumnavigation.

ARION en détail

Architecture, structure, navigation, communications, énergie, conduite : la fiche technique complète du voilier.

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