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Réalité

Une expédition
indépendante.

Pas d'institution derrière ce projet. Pas de responsable partenariats, pas de budget de fonctionnement délégué, pas de rendez-vous trimestriel avec un comité de pilotage. Deux personnes, un voilier aluminium de 47 pieds, et plusieurs années d'économies engagées sans filet.

C'est un choix — pas une contrainte par défaut.

~ 500 000 € budget total
0 sponsor à ce jour
100 % fonds personnels

Les chiffres

Ce que ça coûte vraiment.

Une circumnavigation antarctique maintenue au sud des 60°S — viable, préparée, autorisée — coûte environ 500 000 euros. Pas 5 millions comme une campagne Vendée Globe. Pas 2 millions comme une expédition institutionnelle sur navire de recherche. 500 000 euros. Entièrement personnels.

ARION est l'expédition.

La quasi-totalité de ce budget est dans le bateau. ARION — Strongall 47 pieds aluminium, 17 tonnes, dériveur lesté, construit pour tenir dans les mers du Sud — c'est le choix central de l'expédition : mettre l'argent là où ça compte, là où se joue la sécurité réelle. Pas dans l'image. Pas dans le matériel de communication. Pas dans des bureaux à quai.

Ce que ça laisse pour tout le reste — systèmes, vivres, communications, assurances, équipement scientifique, préparation polaire — c'est peu. Et c'est avec peu qu'on prépare l'expédition.

Ce que ça ne finance pas.

Comparer à ce que coûtent les autres projets polaires :

  • Vendée Globe 2 – 5 M€
  • Expédition institutionnelle (navire recherche) 500 k – 2 M€
  • Boreal 52 + préparation polaire complète 600 k – 900 k€
  • Odyssey of AION — fonds propres ~ 500 k€

On ne prétend pas faire la même chose avec les mêmes moyens. On prétend faire la même navigation avec moins — en ayant choisi l'outil juste plutôt que l'outil parfait.

La méthode

On part quand c'est viable.
Pas quand c'est parfait.

Une expédition indépendante ne attend pas d'avoir tout. Elle évalue ce qui est nécessaire pour partir en sécurité, elle trouve des solutions pour ce qui manque, et elle documente pourquoi ça tient. Ce n'est pas une prise de risque — c'est de l'ingénierie de contrainte.

Le dessalinateur.

Nous n'en avons pas encore. Nous avons pensé à ce que ça implique. Les latitudes que nous allons traverser produisent de la glace en quantité : eau douce disponible, propre, en abondance sous les 60°S. Nous avons dimensionné les réserves embarquées, prévu les solutions de secours, calculé les consommations sur 70 jours.

Ce n'est pas une lacune — c'est de la gestion de ressources polaires. Un dessalinateur l'améliorerait. Il ne la conditionne pas.

Le moteur.

ARION a un inboard — un MWM D225 50 CV de 1952. Il fonctionne. Mais il aura 74 ans au départ, il manque de puissance, et dans les eaux où on va naviguer on ne peut pas se permettre de compter sur lui comme sur un moteur récent.

Pour pallier ça, on a ajouté un Mercury SeaPro 60 CV arbre long en jupe arrière — moteur professionnel, bon couple, qui pousse fort. Mais dans le Drake, vent dans le pif et courant contraire, l'honnêteté s'impose : ça va être très sport.

Ce qu'un partenaire changerait : un Volvo 75 CV inboard neuf, installé, prêt à naviguer. Coût : 40 000 euros. C'est la différence entre une redondance de secours et une propulsion fiable dans les conditions les plus dures du monde.

Les voiles.

On a un jeu quasi neuf — Dacron épais, solide, indestructible en temps normal. Le problème, c'est qu'on ne sera pas en temps normal. Notre génois fait 100 m² : un monstre. L'enrouler demande le winch tellement il est lourd. Dans les latitudes australes, en conditions dégradées, c'est ingérable à deux. La grand-voile full batten est du même acabit — trois ris, très solide, mais surcotée et éprouvante à hisser même sur chariot à billes.

Ce qu'il faudrait : un génois moitié plus petit pour le Drake, et une GV en forme de « 7 » — tête tronquée comme les IMOCA, quatre ris, coupe adaptée à la réduction rapide. L'actuelle passerait en voile de secours : elle a de la valeur, elle ne se jette pas.

C'est le poste qui change le plus le rapport au bateau dans le mauvais temps. Pas la survie — la capacité à manœuvrer sans se battre contre sa propre toile.

Les autres postes — électronique, énergie, sécurité, équipements de pont — sont fonctionnels. Ce qu'un partenaire y apporte, c'est du neuf là où on a de l'occasion, de la redondance là où on n'a qu'un exemplaire, et une marque de référence là où on a le minimum viable. Chaque poste a été évalué dans cet ordre.

Partenariat

Un partenaire n'achète pas
la survie de l'expédition.

L'expédition part de toute façon. Ce qu'un partenaire apporte, c'est la différence entre viable et excellent. Ce n'est pas la même chose — et c'est précisément là que la contribution a de la valeur.

Un dessalinateur à 5 000 euros, c'est 70 jours d'autonomie en eau sans compter les réserves. Un moteur inboard neuf, c'est une redondance supplémentaire sur le système propulsif dans des eaux où la prochaine réparation se fait seul, par −10°C, avec ce qu'on a embarqué. Des voiles neuves, c'est la certitude que la toile tient jusqu'au bout — pas l'espoir qu'elle résiste à un grain de plus.

Ce que ça change concrètement.

  • Un poste pourvu = une marge opérationnelle supplémentaire
  • Du matériel neuf = une garantie constructeur dans les eaux les plus isolées du monde
  • De la redondance = la capacité de continuer quand quelque chose lâche
  • Une provision constituée = une décision de route qui ne dépend pas du budget restant

Ce que ça ne change pas.

  • La route — elle se décide à bord et uniquement à bord
  • Le protocole scientifique — il appartient à l'équipage
  • Les seuils de renoncement — ils sont fixés avant le départ
  • L'indépendance éditoriale — aucun sponsor n'a accès à nos données brutes

Voir les formes de partenariat — technique, média, soutien ciblé.

Nous soutenir

Principe

L'indépendance n'est pas
un manque de soutien.

Une expédition avec dix sponsors principaux, c'est une expédition avec dix parties prenantes sur la route. Pas nécessairement. Mais potentiellement : un logo à valoriser dans telle situation, une contrainte de communication dans telle autre, un angle choisi par quelqu'un qui n'a jamais vu le Drake.

L'indépendance, ici, c'est la condition pour que les décisions se prennent à bord — et uniquement à bord. Route, timing, protocole scientifique, niveau de risque acceptable : ces décisions appartiennent à ceux qui sont dans le bateau. Pas à un comité. Pas à une marque. Pas à une logique de visibilité.

Un partenaire technique qui fournit un équipement — un moteur, un dessalinateur, des voiles, des combinaisons de survie — ne s'achète pas un droit de regard sur la navigation. Il s'associe à un projet qui sait exactement où il va et pourquoi. Et qui repart de là avec des données que personne d'autre ne peut rapporter.

C'est la proposition qu'on fait.
Pas d'autre.