La circumnavigation antarctique au sud des 60°S n'a été réalisée qu'une seule fois par un voilier en restant sous cette latitude. Une seule fois.
Pas de port de refuge. Pas d'escale possible. Des dépressions qui s'enchaînent, de la glace qui dicte ses conditions, des semaines entières sans terrain neutre.
Ce n'est pas la rareté qui a décidé de ce projet.
C'est une logique simple : cette navigation exige des navigateurs qui fonctionnent dans la durée, pas dans l'instant. Quarante-huit heures sans répit, une nuit entière à tenir, des décisions à prendre quand la fatigue est là depuis longtemps — c'est dans ces conditions que la lucidité s'impose, pas qu'elle disparaît.
Sarah apporte la rigueur scientifique et une connaissance du Grand Sud qui change la nature du projet. La navigation et les décisions de route, c'est l'autre versant. Ensemble, une capacité à rester opérationnels quand les conditions ne laissent pas le choix.
ARION — 47 pieds d'aluminium, 17 tonnes. Plus que mon bateau, c'est une évidence qu'on ne cherche plus à expliquer. Lui ne parle pas. Mais à ces latitudes, c'est souvent lui qui a le dernier mot.
Dans ces moments, tout ce qui est superflu disparaît. Il reste le bateau, la mer, et ce dont on est vraiment capables.
Les risques sont connus. Pas de manière abstraite — concrètement, secteur par secteur. C'est ce qui rend ce projet solide, pas ce qui le rend fou.
— Le Capitaine,
ARION · Odyssey of AION