Le voilier d'expédition

ARION est préparé pour rester manœuvrant au sud des 60°S.

Dans les soixantièmes, la vitesse ne protège pas. Ce qui protège : un bateau qu'on peut réparer à froid, lire sans électricité, et exploiter encore après plusieurs semaines de mer dure.

ARION est préparé dans cet esprit. Pas comme un voilier de performance adapté au froid, mais comme un bateau d'endurance : coque aluminium réparable, dériveur lesté, systèmes lisibles, énergie répartie, chauffage indépendant et manœuvres pensées pour durer.

47 pieds · 17 t · aluminium Strongall · dériveur lesté · ballast 5,2 t
Plateforme 47 pieds aluminium Strongall
Architecture Dériveur lesté · ballast 5,2 t
Cap Circumnavigation antarctique au sud des 60°S
Départ Marseille · 25 juillet 2026
PLATEFORME · PROGRAMME · COMPROMIS

Le choix d'un dériveur aluminium pour les soixantièmes

ARION n'a pas été retenu pour son image ni pour une idée abstraite du "bateau polaire". Le choix repose sur un ensemble de compromis favorables à une route longue, froide et exposée : coque aluminium, structure épaisse, dériveur lesté, comportement tolérant, réparabilité réaliste et volume compatible avec deux personnes en endurance.

Dans ce programme, le bon bateau n'est pas celui qui va le plus vite dans le bon créneau. C'est celui qui reste exploitable quand le froid s'installe, que les manœuvres se répètent, que la fatigue monte et qu'un incident n'autorise ni chantier ni assistance.

Ce qui compte ici

  • Coque réparable et structure tolérante
  • Contrôle à basse vitesse et réactions lisibles
  • Accès maintenance compatibles avec l'éloignement
  • Vie à bord tenable en mer dure à deux
  • Systèmes compréhensibles et non envahissants

Ce qui compte moins

  • La vitesse pure dans les bons créneaux
  • La sophistication qui ajoute de la dette technique
  • Le confort de démonstration à quai
  • La dépendance à une seule logique d'énergie
  • Les choix qui compliquent les gestes en fatigue
STRUCTURE · APPENDICES · CONTRÔLE

Structure et appendices : ce qui sert vraiment la route

Le 47 pieds, le déplacement, le ballast, l'aluminium fort, le principe de dériveur lesté et la matière générale de la coque dessinent une plateforme qui privilégie la tenue dans le temps sur la nervosité. Pour ce programme, ce n'est pas un détail : plus la route dure, plus la capacité du bateau à absorber sans se désunir devient centrale.

Base technique

  • Longueur : 47 pieds · LWL : 12,30 m
  • Déplacement : 17 tonnes · Ballast total : 5,2 t
  • Dériveur lesté + saumon lesté + quille rétractable
  • Coque aluminium Strongall 10 mm · bordés renforcés jusqu'à 25 mm
  • Semelle : 60 mm → 30 mm → reprise 10 mm
  • Pont aluminium 6 mm

En navigation réelle

  • Vieillissement plus acceptable dans la durée
  • Tolérance aux charges répétées et aux séquences dures
  • Réparation imaginable loin d'un chantier
  • Plateforme moins punitive quand la route se dégrade
  • Marge plus utile qu'une nervosité flatteuse

Contrôle à basse vitesse

Dans la glace dérivante, au voisinage d'une côte, dans une mer croisée ou lorsqu'il faut ménager le bateau, un voilier doit rester lisible et contrôlable à basse vitesse. Toute la préparation d'ARION cherche à préserver cette qualité : manœuvres simples, inertie comprise, réactions prévisibles et charge mentale contenue.

Refit en cours

Le refit ne cherche pas à transformer ARION en autre chose. Il cherche à rendre plus cohérent ce que le bateau sait déjà faire : mieux protéger les quarts, consolider l'architecture de manœuvre, clarifier les accès maintenance, améliorer la tenue au froid et enlever tout ce qui complique inutilement la route.

Voir la suite du refit

COMMUNICATIONS · SATELLITES · VHF

Ne jamais dépendre d'une seule liaison

Dans les soixantièmes, les communications ne sont pas un confort. Elles sont une condition de sécurité et de continuité : météo, routage, contact terre, données scientifiques, urgences. La logique est la même que pour l'énergie : plusieurs sources, hiérarchie claire, basculement immédiat.

Liaison principale

  • Starlink Ocean — antenne yacht dédiée (partenariat)
  • Connexion haut débit illimitée — usage continu en mer
  • Météo GRIB, routage, sync données, journal de bord distant
  • Supervision instruments et données en temps réel via Starlink

Backup satellitaire

  • Iridium GO! — couverture globale y compris < 60°S
  • Messagerie, météo compressée, position d'urgence
  • Opérationnel si Starlink indisponible (zones polaires profondes)

VHF embarqué

  • VHF fixe principal : Navicom RT550 — AIS intégré
  • VHF fixe secondaire : Navicom (modèle confirmé à réception)
  • VHF portable : Navicom — secours pont / annexe / MOB
  • AIS réception/émission via VHF principale

Protocole de basculement

  • Starlink → usage normal en mer
  • Iridium → basculement si Starlink indisponible
  • VHF → communications locales, détresse, trafic côtier
  • EPIRB Ocean Signal 3Pro 406 MHz → dernier recours
LE MOT DU CAPTAIN

Le mot du captain

Plutôt qu'un texte d'intention, voici quelques réponses directes aux questions que se posent le plus souvent les navigateurs en découvrant ARION et son programme.

Pourquoi partir sur un dériveur lesté et pas sur une quille fixe plus simple ?

Parce que je cherche un bateau capable de garder des options. Dans ce programme, pouvoir ajuster le tirant d'eau, gérer différemment certains passages et conserver une logique de bateau tolérant m'intéresse davantage qu'une solution plus figée, même plus simple sur le papier.

Pourquoi l'aluminium reste-t-il central pour toi ?

Parce qu'en environnement froid, isolé et potentiellement abrasif, je préfère une matière qui pardonne mieux, qui se lit bien, et qui reste réparable. L'aluminium ne règle pas tout, mais il donne une marge structurelle et une logique de chantier compatibles avec ce type de route.

Ce bateau est-il préparé pour aller vite ?

Non. Il est préparé pour continuer. La vitesse ponctuelle est secondaire si elle augmente la fatigue, complique les manœuvres ou réduit les marges quand le bateau commence à accumuler l'usure.

Portrait du captain à bord d'ARION

Pourquoi garder une motorisation et une logique d'énergie aussi développées ?

Parce qu'une expédition de ce type ne se prépare pas contre le moteur, mais avec une hiérarchie claire des usages. Le moteur, la charge, la restauration rapide d'un parc ou l'outil ponctuel sont là pour redonner de la marge, pas pour transformer le bateau en plateforme dépendante.

Qu'est-ce qui compte le plus dans le gréement et la manœuvre ?

La priorité n'est pas d'avoir le plan de voilure le plus séduisant. La priorité est d'avoir des manœuvres tenables en fatigue, des réductions de toile claires, des gestes répétables et un bateau qui reste lisible quand l'équipage est entamé.

Quel est ton vrai critère pour juger ARION prêt ?

Le jour où le bateau sera plus simple à exploiter sous contrainte qu'il ne l'est aujourd'hui, plus clair en maintenance, plus cohérent dans le froid, et capable de garder ses fonctions vitales sans se mettre lui-même en défaut. C'est ce niveau de cohérence que je recherche.

ARION en préparation pour une circumnavigation antarctique
ARION, voilier de 47 pieds en aluminium Strongall, en préparation pour une circumnavigation antarctique maintenue au sud des 60°S.
ÉNERGIE · AUTONOMIE · RÉSERVE

Énergie : ne jamais dépendre d'une seule source

Dans une route aussi longue, la question n'est pas de produire beaucoup sur le papier. La question est de savoir ce qu'il reste quand une source tombe, qu'un parc doit être isolé, que le froid allonge les consommations ou que plusieurs jours de ciel fermé réduisent la marge.

L'architecture énergétique d'ARION est pensée pour rester utilisable en mode dégradé : deux parcs séparés, productions réparties, chauffage principal indépendant, 220 V limité, et capacité à restaurer rapidement de la réserve sans immobiliser le bateau.

Principe directeur

  • Deux parcs LiFePO4 séparés en 12 V — 1 800 Ah total, 1 440 Ah utilisables
  • Un parc doit pouvoir assurer seul le vital
  • Bascule immédiate et isolement possible
  • Réserves prévues pour pics de charge et incidents

Production répartie

  • Solaire : production utile réaliste autour de 600 W
  • Deux éoliennes jusqu'à 500 W chacune
  • Hydrogénératrice : 500 W
  • Alternateur moteur : autour de 500 W

Le principe n'est pas d'optimiser une source, mais de ne jamais se retrouver captif d'une seule.

Secours et restauration

  • Génératrice diesel 3 000 W en secours
  • Deux chargeurs, un par parc
  • Le 220 V reste réservé aux usages ponctuels et à l'outil
  • Chauffage principal indépendant de l'électrique

Ici, la puissance n'a de sens que si elle redonne vite de la marge sans compliquer la route.

CONDUITE · FATIGUE · DURÉE

Préserver le bateau, préserver l'équipage

Dans les soixantièmes, un bateau se dégrade rarement sur un seul grand événement. Il se consomme plus souvent par addition : chocs, embruns, humidité, quarts cassés, petites avaries, manœuvres répétées et fatigue. La bonne préparation ne consiste donc pas seulement à renforcer. Elle consiste aussi à ralentir cette consommation du bateau et de l'équipage.

Cela implique des routines simples, des systèmes compréhensibles, une hiérarchie claire des usages, un chauffage autonome, et des manœuvres qui restent faisables quand la lucidité baisse.

Contact, chocs, usure

  • Le contact en polaire n'est pas une hypothèse de principe
  • Le sujet n'est pas le "zéro risque", mais le dommage acceptable
  • L'intégrité compte autant que la capacité de repartir
  • L'aluminium sert la robustesse autant que la réparabilité

Manœuvrer fatigué

  • Contrôle fin à basse vitesse
  • Gestes courts, routines simples, séquences répétables
  • Systèmes lisibles et fonctions vitales clairement identifiées
  • Objectif : durer sans perdre en lucidité

Ce que cherche cette préparation

Un bateau ni spectaculaire ni fragile : un bateau que l'on peut encore exploiter proprement après plusieurs jours durs, dans le froid, avec de la fatigue, des systèmes partiellement dégradés et une marge qui doit rester lisible.

EXPLORER

Le Capitaine

Commandement, méthode, parcours : qui conduit ARION dans les soixantièmes et comment les décisions sont prises.

Profil du Capitaine

AION Data Hub

Les données collectées par ARION en route : météo, glace, océanographie, énergie embarquée — accès pour chercheurs.

Accès Data Hub

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Partenariats techniques, soutien ciblé ou accompagnement : comment s'associer concrètement au projet.

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SUITE

Refit et mission scientifique

La suite entre dans le chantier et dans la mission : modifications en cours, protections, accès, logique des choix, et programme scientifique embarqué — instruments de collecte, protocoles d'observation, partenariats institutionnels (IPEV, Ifremer, TAAF) et données collectées tout au long de la route.

Refit & mission scientifique

  • Refit en cours et logique des modifications
  • Photos chantier et port
  • Détails de pont, coque et protections
  • Mission scientifique embarquée — instruments et protocoles
  • Partenariats institutionnels scientifiques

Poursuivre

Cette première page pose la plateforme, les arbitrages, les systèmes et la logique générale. La seconde entre dans la matière du chantier et dans la dimension scientifique de l'expédition.

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