ÉQUIPE SCIENTIFIQUE

Sarah Rosenthal

Biologiste marine — orques et baleines de l’océan Austral

Biologiste marine d’origine australienne, Sarah travaille sur les cétacés des hautes latitudes. Son fil conducteur est simple : documenter proprement ce qui se passe loin des côtes, là où les animaux vivent “hors champ” et où la valeur d’une observation dépend d’abord de la méthode.

Sur Odyssey of AION, la tentative de circumnavigation à 63° Sud devient un laboratoire à ciel ouvert : un voilier autonome présent longtemps, capable de produire des séries d’images, de sons et de notes qui prennent leur valeur parce qu’elles s’inscrivent dans la durée.

Orques de l’océan Austral Baleines antarctiques Science embarquée

Parcours scientifique

Formée en biologie marine en Australie, Sarah s’oriente d’abord vers des cétacés côtiers, parce que c’est le terrain idéal pour apprendre la discipline de l’observation : reconnaître, noter, comparer, vérifier. Mais très vite, elle se tourne vers des espèces plus difficiles à suivre : orques et grandes baleines, longues distances, météo changeante, et fenêtres d’observation souvent trop courtes. Dans ces conditions, la qualité d’un travail ne dépend pas d’une rencontre “spectaculaire”, mais d’une méthode stable.

Son doctorat est consacré aux orques, avec un double axe : la photo-identification (nageoires, cicatrices, pigmentation) et l’analyse des aires de répartition à partir de données multi-sources : observations embarquées, acoustique passive, imagerie satellite et informations environnementales (glace, température de surface, productivité).

Cette rigueur est précisément ce qui rend une mission utile à d’autres équipes : même format, même cadre, mêmes métadonnées, sur la durée.

Repères

Une spécialité, mais surtout une façon de travailler : être fiable, reproductible, et utile à d’autres équipes. Ici, “premium” signifie : des données propres, contextualisées, et comparables.

  • Doctorat en biologie marine (cétacés, orques)
  • Spécialisation : écotypes d’orques, structure sociale, régimes alimentaires
  • Campagnes subantarctiques (Crozet, Kerguelen, front polaire)
  • Orques antarctiques, type D, baleines à fanons antarctiques
  • Contributions à des catalogues (Australie, Europe, Nouvelle-Zélande)

Elle partage son temps entre missions embarquées, analyse d’images/sons, et mise en commun des données avec des équipes dispersées sur plusieurs hémisphères.

Méthode embarquée : de l’observation à la donnée exploitable

1) Acquisition

Capturer sans “tricher” : photo-id lisible, séquences contextualisées, relevés standardisés. L’objectif n’est pas l’image spectaculaire, mais l’image comparable.

  • Photo-ID : nageoires, cicatrices, pigmentation
  • Vidéo : séries courtes, mêmes réglages
  • Contexte : mer, glace, cap, météo

2) Annotation

Une observation vaut ce qu’elle contient comme métadonnées : position/heure, conditions, comportement, composition de groupe, niveau de certitude.

  • Métadonnées homogènes (formats stables)
  • Échelles de certitude (pas de sur-interprétation)
  • Checklist “qualité” avant archivage

3) Exploitation

Rendre les séries inter-comparables (saison, zone, individus) pour alimenter catalogues, analyses de répartition, et hypothèses testables.

  • Catalogues (photo-id) : individus, recaptures
  • Séries temporelles : répétition et variations
  • Partage structuré via le Data Hub

Ce que l’on cherche vraiment

Dans l’océan Austral, le défi n’est pas de “voir” mais de relier. Tenir un cadre, répéter, comparer : c’est ce qui transforme une rencontre rare en information durable.

Orques de l’océan Austral : écotypes A, B, C et D

Orques dans une mer subantarctique agitée, au large
Orques observées en marge du front polaire. Certaines populations, comme l’écotype de type D, semblent privilégier les grandes étendues éloignées des côtes.
Observation depuis le bord : collecte d’indices visuels

Baleines antarctiques : suivre les grands migrateurs

Au-delà des orques, Sarah travaille sur les baleines à fanons de l’Antarctique. La valeur vient du contexte : l’heure, la mer, la glace, le cap, la répétition des signes.

Les missions cherchent à mieux documenter le timing des migrations, les zones d’alimentation et la variabilité interannuelle. Ce qui paraît petit à l’échelle d’un jour devient massif quand on accumule des séries sur des mois.

Odyssey of AION, en restant présent sur la durée, permet d’ajouter une brique manquante : des observations régulières, au même format, dans des zones où l’on manque cruellement de continuité.

« Dans ces latitudes, le plus rare n’est pas de voir. Le plus rare, c’est de pouvoir comparer. Ce qui compte, c’est la continuité : même méthode, même exigence, sur la durée. »

Sarah Rosenthal — Biologiste marine

Extrait terrain

Une séquence brute : conditions réelles, rythme, méthode.

Science embarquée & collaborations

Les observations, images, sons et relevés environnementaux sont archivés dans le Data Hub scientifique AION. Si vous travaillez sur les cétacés des hautes latitudes ou l’acoustique passive, l’idée est simple : échanger, cadrer, et construire proprement.